Séminaire théorique


Séminaire théorique
" Ça va pas ! "
" Ça va pas ! " C’est ainsi que se présente le plus communément la formulation d’un symptôme. Cette plainte à partir d’un symptôme implique un élément supplémentaire : une adresse. Si la plainte est de tout temps, la place vers laquelle s’adresse la plainte a été occupée, au cours de l’histoire, de différentes manières. Le plus important est donc de connaître la conception que se fait du symptôme celui auquel il est adressé. Dans le champ freudien, la conception que le psychanalyste se fait du symptôme orientera la cure. Cette conception décide en effet d’une théorie du transfert et de l’interprétation dans les différentes structures. Nous reprendrons donc à la lumière de l’histoire du mouvement analytique les repères qui nous permettent de dégager l’orientation lacanienne. Notre titre indique notre cheminement. Il consistera à montrer que ces deux termes symptôme et sinthome peuvent servir de repère à notre parcours. Le symptôme marque le début. C’est le message à déchiffrer. Le symptôme comme les autres formations de l’inconscient a alors le statut d’un hiéroglyphe. C’est l’inconscient structuré comme un langage, formule par laquelle Lacan ramasse les premiers travaux de Freud. Mais pour ce dernier, cette conception du symptôme va rapidement se heurter à une impasse. Freud va l’explorer sous différents aspects : pulsion, réaction thérapeutique négative, masochisme, infini de la cure, roc de la castration, etc. La lecture oedipienne finit par apparaître comme un lit de Procuste qui ne rend pas compte du champ de l’expérience. C’est donc avec son ternaire, imaginaire, symbolique, réel que Lacan va reconstruire le champ de la clinique. Il ne fait en somme que rendre plus systématique le texte de Freud « Inhibition, Symptôme, Angoisse » qui tire les conséquences de la seconde topique. Ainsi, c’est avec la prise en compte du réel que l’on pourra contrer une pente de la psychanalyse vers ce que Lacan n’hésitait pas à nommer une escroquerie. Prendre en compte le réel dans la clinique du symptôme, c’est donner sa place au corps, à l’événement de corps qui ne se réduit pas à l’image du corps. C’est une clinique qui rappelle donc la place logique de l’angoisse comme affect qui ne trompe pas. Cet affect, comme produit de l’incidence du langage sur l’organisme, dégage une contingence qui fait de chacun un destin singulier. Le symptôme, rappelait Lacan, lors d’une clôture des Journées de juin en 1975, « c’est ce qui nous fait chacun un signe différent du rapport que nous avons, en tant que parlêtres, au réel ». En somme, il s’agira pour nous d’exposer ce qui fait que l’on passe du symptôme dont on veut se débarrasser à la fonction du sinthome comme seul accès à notre singularité. La parution récente du Séminaire Le sinthome, établi par Jacques-Alain Miller, nous servira de boussole pour l’année.
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