Groupe d'élucidation des pratiques cliniques


Chaque groupe d'élucidation a une fonction clairement définie :
permettre aux participants, en un dispositif au nombre limité de personnes, d'interroger leur pratique clinique, en institution généralement, en cabinet parfois. Le travail qui s'y fait ne relève pas pour autant du contrôle qui, lui, lie tel clinicien et tel analyste. Le groupe d'élucidation se donne pour tâche de construire le cas dont on parle. La remarque a une implication clinique immédiate : elle pose qu'un cas clinique a sa logique.
C'est une logique subjective où se nouent le symbolique (dont le sujet est l'effet), le réel (qui, pour la psychanalyse, est toujours le réel du sexe inassimilable) et l'imaginaire (dont le moi est la production qui ne veut rien savoir de ce qui détermine le sujet).

Le cas a sa logique propre c'est-à-dire un nouage spécifique qu'il faut construire. Mais, dans tous les cas, il y a une disjonction entre la pulsion et l'Autre. Par conséquent nous ne pouvons pas, dans cette orientation, nous contenter de la dimension familiale, institutionnelle ou culturelle. Dire qu'il y a une logique du cas a encore deux conséquences : le sujet se détermine d'une structure psychique (c'est sa réalité psychique) que Freud définit comme, dans chaque cas, une modalité de dire non à la castration :
le névrosé refoule la castration, le pervers la dément, le psychotique la forclôt. Il n'y a pas de cas limites et chaque structure présente sa logique propre quant aux effets cliniques repérables : symptômes dans la névrose, fétiche dans la perversion, retour dans le réel de ce qui est forclos pour la psychose. Construire un cas implique d'abord ce repérage diagnostique toujours structural. Le sujet dont on parle est-il névrosé, pervers ou fou ?

La clinique d'orientation analytique, freudienne et lacanienne, à la différence de la clinique psychiatrique, n'est pas une clinique de la description à froid avec son cortège nosographique. Il n'y a de clinique que sous transfert. Notre clinique est une clinique sous transfert, CST, comme le disait Jacques-Alain Miller. Autrement dit, construire le cas implique que le praticien, qu'il soit psychiatre, psychologue, psychothérapeute, orthophoniste… puisse repérer comment il conduit le travail engagé et quels concepts sont présupposés pour rendre compte de cette pratique.

C'est à cet exercice que se livrent les participants en apportant, à tour de rôle, des cas de leur pratique afin d'en repérer les orientations théoriques et les choix cliniques impliqués.
Dans ce cadre, une lecture de cas cliniques tirés de la littérature psychanalytique sera proposée. Qu'est-ce qu'écrire un cas ? Quoi transmettre ? Comme choisir dans la masse des informations disponibles ?
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