A. REVEL: Linda et le trauma


L’enfant dont il s’agit c’est l’enfant évoqué par un sujet adulte au cours d’une séance.Instant d’une rencontre pour cet enfant et temps évoqué par ce sujet au cours de cette séance comme traumatique.
« Je me sabote quand j’apporte du plaisir » dit elle
Cette jeune femme a été confié à la D.a.s.s. du début de l’adolescence à la majorité. Réussissant beaucoup mieux que les autres ,un responsable lui accorda une bourse en lui disant « Faites moi plaisir réussissez au bac ! » Son échec surprenant par rapport à ses résultats lui est toujours une question .
Une scène qu’elle qualifie de séduction lui revient. Elle avait déjà évoqué les tentatives d’attouchement de son beau père , mais là ce sera précis :
Elle a une dizaine d’année,elle est seule à la maison avec lui, elle le croise dans le couloir menant à la salle de bains,il s’exhibe en lui disant « Tu as vu comme elle est grosse ». Elle se précipite dans les w.c., quand elle sort il lui dit : « Tu as vu comme elle est petite, j’ai eu mon plaisir ».

« Quelque chose m’a échappé,dit elle, il s’est passé quelque chose mais quoi ?
J’étais angoissée , j’étais culpabilisée, j’étais concerné et je n’ai rien fait. Je n’avais jamais vu de sexe masculin ,ni gros ,ni petit »

Ce qui fait trou , trauma , c’est ne rien y comprendre . L’autre nomme quelque chose : « J’ai eu mon plaisir ».C’est là, résultat d’une opération :Gros = petit + plaisir, c’est précis et pourtant elle n’y comprend rien ,ça fait trou dans le langage et ça la concerne. Il y a là quelque chose qui à rapport avec le désir de l’Autre et qui tout en étant nommé reste une question ,une question qui porte sur une différence , un entre deux , une faille .On voit là la compacité de la faille.

La question porte aussi sur elle « j’etais concernée et je n’ai rien fait » dit elle ; Elle est dans le tableau .
« Qu’est ce qui s’est passé pendant mon absence au w.c. ? »dit elle Elle précise . « Ce n’est pas au w.c. que je voulais aller c’est à la salle de bain, je suis allé au w.c. pour l’éviter ».
Nous sommes là dans un deuxième temps qui correspond à sa réponse aux questions :
« Je l’ai évité » : C’est être coupable de l’avoir évité , le défaut de cette rencontre vient d’elle ,cette différence entre l’avant et l’après c’est elle qui en est l’actrice, le moins passe de son côté , elle fixe la cause de cet événement de son côté . C’est ce qu’elle exprime sous la forme « Je me sabote » ; Il y a là l’inscription d’un mode de jouir masochiste , à la place de la soustraction c’est son sabotage.
On peut aussi relever dans ce deuxième temps qu’elle fait la différence entre ces deux lieux : la salle de bains et les w c . Il y a un pas entre être précipitée par cette rencontre dans les w .c. et sa sortie vers la salle de bains : le pas entre être poussée du côté de l’objet et l’enrobage phallique qu’elle peut se construire dans la salle de bain.

Ce que donc j’ai appelé le deuxième temps ,celui de sa réponse ,c’est ne pas rester dans cette position d’être l’objet énigmatique du désir de l’autre. La bascule de la causalité de son côté lui permet de récupérer quelque chose . C’est avec cela qu’elle pourra mettre en corps ,s’habiller de la jouissance masochiste. C’est un habillage qui dans sa formulation, « Je me sabote », inclus aussi , il me semble , un désir que quelque chose échappe et par là pousse la question au delà de l’enrobage
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