Paradigme 2 : La signifiantisation de la jouissance


Antenne clinique de Gap. Année 2010-2011                                             Martine REVEL                                             

Deuxième paradigme :

La signifiantisation de la jouissance.

 

 

 

            Dans le premier paradigme qui va jusqu’en 1956, J. Lacan dialectise la parole : un axe symbolique qui doit primer sur un axe imaginaire. D’un côté le champ de la parole et du langage et de l’autre, ce qui se réfère à la pulsion, à la jouissance.

J.A. Miller : « Lorsque la chaîne symbolique se rompt, montent de l’imaginaire, les produits, les effets de la jouissance »[1].

Le deuxième paradigme se situe entre1956 et 1959 incluant les séminaires La relation d’objet, Les formations de l’inconscient et Le désir et son interprétation ainsi que les textes majeurs que l’on retrouve dans Les Ecrits : L’instance de la lettre, La direction de la cure, La signification du phallus. Cette période se termine par le texte Subversion du sujet et dialectique du désir ( 1960) dans lequel Lacan formalise son graphe du désir qui va nous servir de boussole.

 

A -L’écart entre le schéma L et le graphe du désir.

 

         J. Lacan fait un pas de plus en mettant en place son graphe du désir. A savoir qu’il noue étroitement les axes symbolique et imaginaire.

L’homme parle, ça parle en lui. L’Autre prend alors non seulement la première place mais la place incontournable pour qu’advienne la parole.

 

              1. Le sujet est sujet du signifiant.

                                      

Le sujet ne se constitue que de son passage par le A du symbolique que Lacan nomme à l’époque, le lieu ou encore le trésor des signifiants.

L’intention de la parole croise l’axe du langage et c’est par rétroaction entre A et s(A) que se boucle la signification.

Ex. : le nouveau-né a un besoin qui se repère sur la ligne montante. Celle-ci croise la chaîne des signifiants et ce besoin se manifeste par un cri qui pourrait être représenté par un S1. Ce cri est entendu par l’Autre qui est nommé par Lacan le trésor des signifiants donc S2. De ce point là une signification est renvoyé au nouveau-né (sur le vecteur rétrograde A vers s(A)) où s(A) est ce qui est signifié au sujet à savoir par exemple « tu as faim ».

Ce qui résulte de ce parcours c’est un sujet barré, $, de par son passage par cette opération.

Le sujet est donc soumis au signifiant. Il lui est aliéné.

 

             2. Le court-circuit imaginaire.

C’est dans cette logique que J. Lacan agrafe l’axe aa’ sur cette boucle. Il résout du même coup l’équivoque que l’on avait pu repérer dans le schéma L où il fallait faire l’effort de situer ces deux axes en tension pour ne pas réduire l’imaginaire, lieu des pulsions, à un pur hors langage.                                    

                                          

« Ce procès imaginaire qui de l’image spéculaire va à la constitution du moi sur le chemin de la subjectivation parlesignifiant, est signifié dans notre graphe par le vecteur i(a) vers m à sens unique, mais articulé doublement, une première fois en court circuit sur $ vers I(A) et une seconde fois  en voie de retour sur s(A) vers A » [2]

Dans cette deuxième représentation du graphe, Lacan déplace le $ vers la droite, donc du côté de l’intention de parole ce qui cerne le fait que d’emblée, dans cette intention le sujet est soumis au signifiant. Il n’y a plus l’imaginaire d’un côté, le symbolique de l’autre avec la difficulté de les situer l’un par rapport à l’autre. Dans le graphe, l’imaginaire est pris dans le symbolique.

 

Ce qu’il est important de noter c’est leI(A) : le circuit de la constitution du moi ne s’achève pas sur le Je (contrairement à ce que Lacan avançait dans son article de 1949 sur le stade du miroir)[3] mais sur l’Idéal du moi qui convoque maîtrise, jeu de prestance, rivalité.

La réalité instituée par la parole, l’est comme fiction.

Il est à noter ici que Lacan n’emploie plus le terme d’axe imaginaire mais de court-circuit imaginaire.

 

              3. Le graphe : un point d’interrogation.

   Les deux premiers étages du graphe soulignent donc un effet de boucle si ce n’est de bouclage de par l’aliénation au signifiant.

Les deux étapes suivantes feront ouverture sous forme de question, à partir de la forme même du point d’interrogation : « Où se situe le désir par rapport à un sujet défini de son articulation par le signifiant ? » [4]

 

B - L’homme aux cervelles fraîches.

 

                  Cette rapide introduction devra permettre de situer précisément le cas de « L’homme aux cervelles fraîches » que Lacan reprend en 1958 dans « La direction de la cure »[5].

Le cas de l’homme aux cervelles fraîches  avait été amené par Lacanen 1954dans sa «  Réponse au commentaire de Jean Hyppolite » et nous l’avions utilisé précédemment pour parler du premier paradigme de la jouissance. Il semblait alors intéressant de suivre le parcours de lecture qu’en fait Lacan au regard de ces deux premiers paradigmes. En 1958 donc, Lacan reprend ce cas pour critiquer la psychologie de l’ego dont se réclame Kriss. Critique absente précédemment.

Nous rappelons rapidement les faits tels qu’ils sont exposés dans « La direction de la cure » :

 « Il s’agit d’un sujet inhibé dans sa vie intellectuelle et spécialement inapte à aboutir à quelque publication de ses recherches – ceci en raison d’une impulsion à plagier dont il ne semble pas pouvoir se rendre maître. Tel est le drame subjectif.

Alors que le patient prétend avoir pris malgré lui les idées d’un travail qu’il vient d’achever dans un ouvrage où il a pu le contrôler, Kriss « va aux pièces » et s’étant assuré que son patient n’est pas plagiaire, il entend lui démontrer qu’il veut l’être pour s’empêcher de l’être vraiment »[6].

La critique de Lacan porte ici sur la façon dont Kriss veut analyser la défense avant la pulsion (pulsion qui l’entraine à aller chercher les idées des autres).

 

1.      La plainte du sujet et l’interprétation de Kriss.

             

Nous pourrions avancer ici que la plainte du patient ( donc plainte adressée à l’Autre) se situesur ce que Lacan a appelé le court-circuit imaginaire, donc un circuit fermé qui va de $ vers i(a) – m –I(A), plainte qui tourne en boucle jusqu’à l’interprétation de Kriss.

Celle-ci se situerait dans la boucle supplémentaire qui va de A en s(A)  au sens où ce vecteur, parce qu’il est rétrograde, fait point de capiton, fait donc interprétation, coupure dans le dire infini du patient. Pourtant si l’on suit le schéma, nous  voyons bien que cette boucle se referme aussi sur le moi et l’Idéal du moi. C’est ici que vaut la critique de Lacan envers la psychologie de l’ego ainsi renforcé.

Lacan précise qu’il s’agit d’une interprétation portant sur la défense et non sur la pulsion : il est clair qu’ici n’est visé que le court-circuit imaginaire. Mais c’est aussi l’indication que Lacan ne situe plus la pulsion au niveau de l’imaginaire.

La boucle se referme : ego renforcé et identification à l’analyste.

 

 

 

 

                2 – L’acting-out.

                                               

   

 

 

 

 

 

 

                      

 

 

 

 

C’est sans compter sur …le patient et son acting out : aller, après ses séances, lorgner sur les menus l’annonce de son plat favori : des cervelles fraîches.

Si Lacan peut critiquer l’interprétation de Kriss, c’est qu’à ce moment là de son enseignement il se pose la question du désir : qu’est-ce qu’il en est du désir au-delà de la prise du sujet dans le signifiant.

C’est en tout cas ce que doit viser l’analyste dans son interprétation : aller au-delà de la demande.

L’interprétation de Kriss, qui rabat les choses au niveau de l’ego, ne satisfait pas le patient : qu’est-ce qui insiste au-delà de cette interprétation ?

C’est par le temps de latence pointé par Kriss après son interprétation qu’on pourrait situer le mouvement d’ouvre-bouteille du graphe : « Celui-ci (le patient) rêvant un instant lui rétorque que depuis quelques temps...)[7]

Ce qui insiste, va avoir l’effet de se concentrer, en un autre court-circuit, sur l’acting out : le sujet va se précipiter – sans le savoir – $ - sur un objet, les cervelles fraîches, qui est à la fois le représentant de sa pulsion orale et la métaphore de sa plainte d’être plagiaire. L’objet est à la fois libidinal et signifiant. Il joint ici l’axe imaginaire et l’axe symbolique – dans l’inconscient c’est à dire au-delà du lieu de l’Autre, sur une Autre scène. C’est la scène du fantasme activée par l’interprétation de Kriss.

Fantasme ou acting out ? L’acting out, c’est ce qui se passe à l’extérieur de la cure : ce que le patient fait tous les jours depuis quelques temps. Le fantasme, c’est ce qui se dit dans ce moment là, ce que le patient adresse à ce moment là à l’analyste. C’est ce que nous pouvons lire sur le graphe en $ poinçon a.

Ainsi, ce qui insiste dans l’Inconscient et dans le récit du patient se manifeste dans ce qui se déchire entre besoin etdemande : la pulsion orale devient signifiante. Ce qu’il en reste se nomme désir et se manifeste dans le texte du fantasme.

Nous faisons l’hypothèse que le Che Vuoi ? indiqué sur le graphe comme point d’interrogation, pourrait  être lu comme ce qui résiste au déchiffrage de Kriss, comme ce qui insiste de ce qui se satisfait dans le sujet à son insu. Le fantasme en est une réponse – en court-circuit et à la place de la plainte.

 

3 -L’interprétation du côté de la pulsion.

                                     

                                                    Lacan pose alors  la constitution du graphe complet pour préciser ce que serait une interprétation qui vise le désir et, au-delà la vérité du désir : « Ce n’est pas que votre patient ne vole pas, qui ici importe. C’est qu’il ne…pas de ne : c’est qu’il vole rien. Et c’est cela qu’il eut fallu lui faire entendre…..Tout à l’inverse de ce que vous croyez, ce n’est pas sa défense contre l’idée qu’il vole qui lui fait croire qu’il vole. C’est qu’il puisse avoir une idée à lui, qui ne lui vient pas à l’idée….Vous traitez le patient comme un obsédé, mais il vous tend la perche avec son fantasme de comestible : pour vous donner l’occasion d’avoir un quart d’heure d’avance sur la nosologie de votre époque en diagnostiquant : anorexie mentale. Anorexie, dans ce cas, quant au mental, quant au désir. Aversion du sujet pour ce qu’il cogite. »[8]

 Cette interprétation qu’il eut fallu, est à situer sur le graphe au niveau du second vecteur rétrograde (ayant la fonction de point de capiton) qui va de $ poinçon D où Lacan écrit la pulsion, vers S (A barré).

Il interprète ainsi au niveau de la pulsion ainsi qu’il l’avait annoncé : à savoir que ce qui fait le désir du patient c’est le rien de l’anorexie – désir de rien.

 

2.      Les limites du graphe.

  L’effet de cette interprétation est donc d’avoir le fin mot sur la pulsion donc de la faire passer – toute - au signifiant, « le signifiant annule la jouissance et vous la restitue sous la forme du désir signifié ».[9]

C’est ce qui fait la limite de ce second paradigme : toute la jouissance pourrait  passer au signifiant sans reste.

De même S(A barré) est à lui seul un paradoxe. Il est à la fois le dernier mot de l’analyse, celui qui ponctue et ainsi que le dit Lacan, il est la vérité sur le désir mais en même temps, de par son écriture, il dit qu’il n’y a pas de dernier mot : il n’y a pas d’Autre de l’Autre.

La Vérité est qu’il n’y a pas d’Autre de l’Autre, d’où le paradoxe.

 

 C - Le graphe du désir dans le « Hamlet, par Lacan »[10] 

 

           Dans son Séminaire de 1958-1959 intitulé « Le désir et son interprétation », Lacan fait une lecture d’Hamlet de Shakespeare avec son graphe du désir. « Ce dont il s’agit est de redonner son sens à la fonction du désir dans l’interprétation analytique. Cela ne devrait pas être trop difficile pour autant que, j’espère vous le faire sentir, ce qui distingue la tragédie d’Hamlet, prince de Danemark, c’est d’être la tragédie du désir ».[11]

 

               1. Hamlet.

     Le père mort d’Hamlet vient ressurgir pour lui sous forme de fantôme et lui apprend qu’il a été assassiné par celui qui est devenu  roi à sa place et qu’il couche avec sa veuve, donc un roi usurpateur. Il enjoint Hamlet de faire justice. Toute la pièce va se dérouler autour des errements d’Hamlet à partir de ce commandement .

Pour Freud, si Hamlet est en difficulté c’est parce qu’il ne peut tuer un roi qui a fait ce que son propre inconscient oedipien lui dictait.

Pour Lacan, ce qui fait la difficulté d’Hamlet, c’est que le père mort ne l’est pas tout à fait. C’est un père dont la mort ne fait pas garantie, ne règle pas le désir. Cette tâche incombe à Hamlet qui va devoir trouver la voie de son propre désir, distinct de sa jouissance.

Ainsi pour Lacan, dans ce séminaire où l’on peut situer le deuxième paradigme, la jouissance n’est pas interdite par le père mais elle est effacée dans le signifiant, elle est signifiantisée.

 

Avecles indications que nous donne Lacan dans cette partie de son Séminaire, nous pouvons tenter, comme nous l’avons fait plus haut avec « L’homme aux cervelles fraîches », de placer ces indications sur le graphe, de lire la constitution des différents états et étages du graphe au plus près d’Hamlet :

 

               2. A l’heure de l’Autre.

                                   Premier état du graphe : point de capiton.

           Le sujet ne se constitue que de son passage par le A du symbolique.

C’est ici le premier acte de la pièce de Shakespeare : Hamlet apparaît très agité, très perturbé. « Hamlet laisse paraître ses  sentiments de révolte devant la rapidité du remariage de sa mère, et qui plus est, avec un personnage absolument inférieur à ce qu’était son père »[12] .Il sera interrompu dans ses récriminations par la rencontre avec le fantôme de son père qui va  lui donner en quelque sorte la signification de toute cette histoire : L’intention de la parole croise l’axe du langage et c’est par rétroaction entre A et s(A) que se boucle la signification. s(A) est ce qui est signifié au sujet Hamlet. C’est le message du père : il a été assassiné par Claudius dans la fleur de ses péchés et son fils doit donc à la fois faire cesser cette imposture et le scandale de la luxure de la reine.

Ce qui résulte de ce parcours est un sujet barré, un sujet soumis au signifiant, un sujet aliéné. C’est bien ainsi que nous apparaît Hamlet dans ce premier acte.

 

                                 Premier étage du graphe : mise en place du court-circuit imaginaire.

            Nous pourrions situer sur cette boucle, les tergiversations d’Hamlet à partir de cette rencontre. Hamlet va tourner en rond, va se poser la question de son être. Il s’agit pour Hamlet d’un acte à faire qui est alors impossible dans la mesure où Lacan nous dit que l’Autre sait : à la différence de la tragédie oedipienne, le père ici est venu dévoiler la vérité à son fils. Le discours est rabattu sur l’axe i(a) – m qui ne renvoie invariablement dans cette boucle, qu’à I(A) c’est-à-dire à ce que le père attend du fils : qu’il soit équivalent à cet Idéal de vengeance.

C’est pour essayer de sortir de cette boucle qu’Hamlet va convoquer la rencontre avec sa mère donc dans une boucle plus large où la mère serait à situer en A. Mais rien n’y fait. La mère, elle aussi sait. Elle sait ce qu’est sa jouissance et elle le dit à Hamlet dans un dialogue étonnant. «  Je suis ce que je suis. Avec moi il n’y a rien à faire, je suis une vraie génitale ».[13] C’est à nouveau l’axe rétroactif A-s(A) qui est signifié au sujet pour son malheur et qui le fait retomber encore une fois sur l’axe imaginaire.

Ce qui va permettre à Hamlet de faire un pas de plus, est sa rencontre avec une troupe de   comédiens  qui  mettent  en scène une tragédie concernant la fin de Troie : « C’est ainsi que, comme un tyran en peinture, Pyrrhus s’arrêta, et comme neutralisé entre sa volonté et ce qu’il y a à faire, ne fit rien » [14].Hamlet est ici touché par l’émotion qu’il voit sur le visage de l’acteur. « Comme attrapé par l’atmosphère.. »[15].C’est à ce point là qu’on peut  situer le mouvement d’ouvre-bouteille du graphe.       

 

              3. A l’heure de l’objet.

                               Constitution du deuxième étage du graphe en point d’interrogation.           

« Le désir s’ébauche dans la marge où la demande se déchire du besoin » : deux flèches partent de A qu’on peut situer comme étant, pour l’une, la demande du père et pour l’autre, le besoin de la mère. 

Entre les deux flèches : son désir qu’Hamlet entrevoit mais qu’il ne peut réaliser sauf à le mimer.

Les deux flèches convergent vers ($ poinçon a) .Il le fait ainsi jouer par les comédiens dont Lacan nous dit que cetteplay scène « présentifie la structure de fiction de la réalité »[16] ou bien il tue ceux qui sont autour du roi mais pas le roi lui-même. Le libidinal et le signifiant convergent là aussi.

 C’est  Hamlet aux prises avec des objets, des objets de fiction ou de substitution. Fantasme ou acting out et même délire, ici comme pour l’homme aux cervelles fraîches, se créé un court-circuit. Il vient à la place de l’acte. Ophélie, celle qu’il aimait, n’est de même plus qu’une ombre pour Hamlet.  

            

            4. A l’heure de A barré.

                                Graphe complet. 

        Nous pourrions situer en  $ poinçon D la scène du cimetière -  le trou où sera enterrée Ophélie qui vient de se suicider. Hamlet est ici confronté à une rencontre qui fait trou pour lui et qui peut être assimilée à une interprétation analytique : le sujet est confronté à sa propre demande et c’est à ce point que Lacan écrit la pulsion. « Ce trou de la perte dans le réel [ qui est ici l’objet Ophélie] mobilise le signifiant. Ce trou offre la place où se projette le signifiant manquant, essentiel à la structure de l’Autre. Il s’agit de ce signifiant dont l’absence rend l’Autre impuissant à vous donner la réponse »[17]. C’est le trou d’où va sortir Hamlet enfin identifié à un désir « C’est moi, Hamlet le danois »[18] (ce qu’il n’avait jamais pu dire jusque là tant il était effondré dans l’injonction de l’Autre) et qui se projette – dans une rétroaction des vecteurs - en S (A barré) :  la scène du duel au cours duquel Hamlet va tuer le roi usurpateur mais pas sans être touché lui-même.

Il ne suffit pas qu’il soit symboliquement castré au niveau de sa position comme être parlant ($ poinçon D – Lacan écrit ici la castration), il doit l’être aussi au niveau de son être. C’est ceci qui doit être signifié au sujet dans la rétroaction de ce vecteur vers S (A barré). C’est ici que se place la jouissance sur le graphe, jouissance qu’il ne faut pas.

 

Lacan emploie les termes de sacrifice, de tragédie (du désir), de signifiant fatal : S (A barré).

Le sacrifice est la marque de la jouissance mortifiée. La jouissance ici c’est la vie qui doit être sacrifiée, passée TOUTE au signifiant.

C’est le côté radical du graphe  faisant l’insatisfaction de Lacan qui passera alors au troisième paradigme.

 

 

 

 

 

       

 



[1] Miller J.A., « Les six paradigmes de la jouissance », Revue de la Cause Freudienne n° 43, Navarin Seuil, 1999, p.9.

 

[2] Lacan J.,  « Subversion du sujet et dialectique du désir » [1960], Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p.809

[3] Lacan J., « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je »[1949], Ecrits, Paris, Seuil, 1966.

[4] Lacan J., « Subversion du sujet et dialectique du désir »[1960], Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p.805.

[5] Lacan J., « La direction de la cure et les principes de son pouvoir » [1958], Ecrits, Paris, Seuil, 1966.

[6]Lacan J., Ibid, p.599.

[7]Lacan J., Ibid, p.599.

[8]Lacan J., Ibid, p.601.

[9] Miller J.A., « Les six paradigmes de la jouissance », Revue de la  Cause freudienne n° 43, Navarin Seuil, 1999, p. 11.

[10] Lacan J., « Hamlet, par Lacan », Ornicar ? n° 24 [1981], 25[1982], 26-27 [1983], Lyse, Le Seuil.

[11] Lacan J., «  Hamlet, par Lacan », Ornicar ? n° 24, p.18.

[12]Lacan J. Ibid., p. 24.

[13]Ibid., n° 25, p.23.

[14]Ibid., n° 24, p.26.

[15] Ibid., p.27.

[16] Ibid., p.28.

[17]Ibid., n° 26-27, p.30.

[18]Ibid., n°24, p.31.

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