M. Deregibus : Les gens de Dublin


Monique DEREGIBUS
Les gens de Dublin
SC 12 mai 2006

« Le film montrera toujours mieux les choses mais le livre les dira toujours mieux ;
il n’ est pas sûr que ce match nul soit jamais dépassable. »
Christian Metz, « Essai sur la signification au cinéma »

 

générique : silence on tourne,
lettres en réserve blanche sur fond noir
« Gens de Dublin », titre du film de John Huston dans sa version française ;
le film aurait du s’ appeler : « Les morts »
déjà une certaine nostalgie diffuse, impalpable accompagne ce générique ;
sur une sonorité de harpe, nous voici, avant même que le film ne commence,
en présence d’ une musique égrenée note à note « The Lass of Aughrim »* ;
cette mélopée d’ ouverture, nous ne la connaissons pas encore ;

– temps de retenue visuelle, champ aveugle,
écriture inversée blanche sur fond noir…
présence de la lettre comme négatif de l’ image -

A faire réentendre bien plus loin cette ballade irlandaise, le film cassera l’ ordre savamment disposé d’ un monde qui n’ aura cessé de se rêver solide et stable…

générique encore, tel un rêve d’ endormissement progressif, retenu dans ces boites musicales pour enfant dont on doit remonter manuellement le mécanisme…
objets vieillots , boites que l’ on ouvre, dans lesquelles des automates miniatures se mettent en action, tournant retournant sur eux-mêmes et laissant échapper une petite musique surannée ; ou bien boule de neige que l’ on retourne pour que tombe la neige, microcosme halluciné…

chute, dédicace de John Huston :
« for Maricela », pour sa dernière compagne mexicaine

1) première apparition de l’idée de la boucle, l’ éternel retour ,
attention, le film n’ a toujours pas commencé ;
car c’ est bien plus tard, lorsque Gretta- Anjelica sa fille, voudra redescendre l’ escalier de
l’ intérieur de l’ appartement des sœurs Morkan qu’ elle se figera, médusée,
en entendant « The Lass of Aughrim » chanté cette fois a capella par Bartell d’ Arcy, le ténor
…figure en boucle de l’ éternel retour.

Les premiers plan :
sonorité accentuée du pas des chevaux ;
bruit sec et mat du « tapé » « frappé » des sabots des chevaux dans le plan;

« Dublin 1904 » indication d’une date quasi contemporaine de l’écriture du livre par James Joyce ;

 

*mélodie que Joyce lui-même aimait à chanter, et dont il disait connaître par cœur les 35 strophes, notes de Jacques Aubert, Œuvres 1 1

une musique légère semble provenir de l’ intérieur de la maison des sœurs Morkan ;
premier plan en extérieur nuit d’ où surgit une grande demeure géorgienne,
lumière blafarde du réverbère, il neige ;
plans réalisés en studio, décors désuets dans leur réalisme même évoquant une idée de simulacre, de factice,
oser aller jusqu’ à l’idée d’ « imposture » avec laquelle flirterait toute oeuvre cinématographique ?

…Car au regard de l’ extrême faiblesse physique du réalisateur à la veille du tournage, il avait été convenu de reconstituer « la ville de Dublin sous la neige » dans un hangar californien !

Ces premiers plans sont extrêmement importants, et précis :
j’ aimerais arriver à le démontrer de façon particulière et y insister :
car l’ idée de la boucle, qui hante et enveloppe le film dans son entier, est présente,
- rendez-vous fatal -
dès son ouverture ;
nous n’ allons pas cesser d’ en faire l’ épreuve par d’ infimes détails récurrents qui
s’ ajouteront les uns aux autres, pièces d’ un puzzle parfaitement orchestré
conduisant à la solidité tournoyante et vertigineuse de l’ ensemble de l’ édifice,
voué à l’ implosion dans l’acmé de la dernière partie du film ;

-croisement et description, ouverture
entrée dans le plan de la calèche de droite à gauche…un instant plus tard deux autres calèches arrivent à leur tour dans le plan de gauche à droite… entrée inversée…
son toujours mat, comme détaché, excroissance sonore dans le plan,
son des pas des chevaux martelant le pavé…

« Merry go round* », « Notre musique* »…

De plus ces plans nous soufflent déjà à l’oreille l’ entrée en scène du cheval qui a un nom,
l’histoire du cheval qui s’ appelle Johnny…
mais pas d ‘impatience, il faudra attendre encore un peu pour la connaître cette histoire,
qui est déjà comme enchâssée à l’ intérieur des premiers plans du film …
tout comme le son du générique – nous l’ avons vu - préfigure la scène paroxystique de Gretta en haut de l’ escalier , scène qui arrivera bien plus tard en clôture fatale de la soirée
d’ Epiphanie…
voici la scène du manège dressée comme on dresse une table

 

  
* Jacques Rivette

*Jean Luc Godard 2


l’ histoire du cheval Johnny , « le Johnny d’ impérissable mémoire » dans le texte,
lui aussi monté en boucle,
histoire dérisoire de ce cheval qui travaillait au moulin du grand-père de Gabriel et qui avait tourné en rond tout au long de son existence de dur labeur de bête de somme ;
un jour on le sortit pour qu’ il puisse « humer un vent de liberté peut-être ? » ; il rencontra bien vite son leurre parfait en la statue équestre du roi Billy sur une place de la ville…et aussitôt le cheval se mit à tourner en rond autour de la statue et retrouva ainsi son rythme dans la boucle…fatum

tournez manèges…

Tentative pour faire entendre ce chiasme inouï inscrit au cœur du film,
hors champ, et noyau dur :
John Huston a 80 ans*, il est très malade ;
il réalise là son film testamentaire,
en adaptant une nouvelle écrite par un jeune homme de 24 ans,
80 années plus tôt dans le siècle, alors que naissait le réalisateur;
John Huston, le père voue à James Joyce, le fils
une immense admiration et ne cesse de le lire…
…histoire magnifique de génération mise en boucle, aberrante d’ une certaine manière, à rebours de toute logique, une histoire d’ origine commune jamais oubliée, de fils précédent le père …et lui transmettant ces quelques lignes écrites en ouverture d’ une grande aventure littéraire, afin que lui, le père qui replie justement bagages et s’ en va silencieusement au terme d’ une carrière bien remplie de cinéaste, puisse nous faire entendre une dernière fois à pas feutrés les moments dérisoires de toute vie humaine par transposition osée d’ une écriture dans les plans cinématographiques ;

A la question que lui pose Daney Allison au cours d’ un entretien réalisé pour Positif, 1988
-pourquoi avoir adapté cette nouvelle de Joyce ?
Huston répond :
« parcequ’ elle constitue un récit pendant tout son déroulement ; son intérêt réside dans les petites touches de caractère, révélatrices des personnages qui sont présentés, la possibilité qui nous est offerte de les connaître et de porter des jugements sur eux : toute une catégorie de personnes avec leurs propres opinions sur la vie, reflétées dans ce qu’ ils font et ce qu’ ils disent.. et c’ est précisément au moment où l’ on est à peine entrés dans l’ esprit de l’ œuvre que l’ on est arrivé à la fin, avec toute sa charge de significations. Quand nous sommes à la fin et que l’ on écoute les mots de Gabriel, on s’ aperçoit que l’ on y est arrivé sans tergiversations et que ce qu’ il dit est valable pour nous : la révélation est une auto découverte non seulement pour lui mais aussi pour nous-mêmes. »
Et d’ ailleurs Huston ne s’ est pas caché d’ être parti de la fin, il l’ a clairement expliqué, c’ est la fin de la nouvelle de Joyce qui distingue à ses yeux une des plus grandes histoires jamais écrite en langue anglaise…

 

*sa fille actrice principale,
son fils « réel » à l’ écriture du scénario, une vraie histoire de famille, à n’ en pas douter !

3


Revenons au présent du tournage, l’ homme, le vieil homme de 80 ans sur fauteuil roulant,
il faut l’ imaginer le grand Huston sur son fauteuil roulant avec des tuyaux d’ oxygène qui courent dans l’ intérieur du nez afin de l’ aider à respirer encore un peu, prendre encore du tuyau une ration d’ oxygène suffisante et tenir le temps qu’ il faudra,
contre la mort, tout contre elle,-
le temps de réaliser ce dernier film sans doute…

imaginons le sur le tournage dans un hangar californien,
un hangar californien qui comme lui, tente de se souvenir du froid l’ hiver à Dublin
lorsque tombe la neige…

le cinéaste a déjà adapté plusieurs auteurs
parmi lesquels :

– Dashiel Hammet pour « Le faucon maltais » , 1941
- Herman Melville pour « Moby Dick » , 1956
- Tenessee Williams pour « La nuit de l’iguane », 1964
- Malcom Lowry pour « Au dessous du volcan », 1984

…vieil homme irréductible face à l’ empire du cinéma, et de son industrie implacable, indépendant Huston qui n’ aura cessé d’ être irlandais ;
il achètera le manoir de st Clerans, près de Galway justement qu’ il occupera près de 18 ans et où grandira Anjelica, en vraie fille irandaise ;

et en hommage sans doute à ce jeune homme génial de Dublin qui un jour écrivit « Ulysse »,
alors, sans doute, c’ est seulement en pensant à lui qu’il peut mourir ?

 

2) l’ escalier :
véritable ossature du film autour de laquelle tournent les scènes d’ ouverture et de fermeture de la soirée d’ Epiphanie…huis clos tout théâtral, avec par ordre d’ apparition :
-
-
-
-
(avec « sa silhouette mécanique » l’escalier n’évoque t - il pas aussi, outre sa fonction de pont et de passage, sa fonction d’ élévation, une portée musicale, laquelle soutiendrait le film dans sa totalité sonore ?
irai -je trop loin en disant que la musique, celle qui redessine à l’ envie la totalité du film en lui restituant une « enveloppe d’ équivalence neigeuse », est ce bain dans lequel trempe la
plupart des plans , liés entre eux, indéfiniment interchangeables,
tel un palindrome parfait ?

« in girum imus nocte et consumimur igni »*
« nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu »

*film de Guy Debord, 1978 4
-la boucle, encore elle…
dès l’ arrivée des acteurs principaux
- mais y en –t-il vraiment ici ?
à quoi bon dresser une quelconque hiérarchie de présence pour tisser en secret la fragilité de tout être, faire entendre son caractère éphémère ?-
(je disais) dès l’ arrivée des acteurs principaux
leur départ - dans le même temps- se profile à l’ horizon en s’ imposant comme l’ envers de la même médaille, de l’ unique médaille…destin plombé, aucun espace de surprise,

« vous ne rentrerez pas à pied comme l’ année dernière …»

la boucle, ici encore, file le vertige : elle nous délivre l’ obstination du passé à vouloir ressurgir toujours entêté, musique répétitive orchestrée savamment dans le rituel de la fête,
-c’ était l’année dernière et avant l’année dernière, l’année d’avant encore, et avant celle là, avant encore celle-là, et avant, avant, avant , avant elle encore …c’ était bien elle…
…et ils sont à peine arrivés, qu’ ils se secouent les épaules pour faire tomber la neige,
les voici sous nos yeux, éjectés dans le temps propulsé comme horizon d’ un retour sans surprise, déniant jusqu’ au présent de la soirée…

« vous ne rentrerez pas à pied comme l’ année dernière… »

 

suite:
en haut de l’ escalier,
- palier, balcon du théâtre –
se trouvent les deux hôtesses, les deux vieilles sœurs Morkan ;
les personnages sous leurs yeux autoritaires quittent un à un les coulisses et sont invités à faire leur entrée théâtrale dans le plan, sur la scène cinématographique…
scène vibrante des (re)présentations, affolement et affairement d’ excitation d’ un soir de fête,

l’escalier à gravir est pur conducteur d’ énergie ;

médium à part entière, il est sans doute l’ axe central de cette première partie de la soirée chez les sœurs Morkan ;

(médium restant à entendre dans son sens premier comme
- étendue de la voix, registre des sons entre le grave et l’ aigu,

et c’ est bien ancrée sur son sol que Gretta,
épinglée par « la voix » ,
pourra faire retour sur son passé jusqu’ à retrouver la figure évanouie de son lointain amour,
médium alors à entendre dans son sens plus irrationnel comme conducteur,
et doué du pouvoir de communiquer avec les esprits des morts…)

 

5


au dehors la neige tombe ; tout au long de la soirée elle ne cesse de tomber ;
pas une séquence qui ne vienne nous le rappeler ; équivalence à cette chute floconneuse et silencieuse au dehors, la musique au dedans… ce par quoi ce film est particulièrement envoûtant, sans doute ;

« Musique lointaine » serait le nom qu’ il donnerait au tableau s’il était peintre…* »
(James Joyce)

Le montage cinématographique de cette introduction des personnages est incroyable, je dirai insécable, bloc solide et compact de deux espaces distincts qui se livrent une lutte acharnée :
-point de vue depuis les yeux des deux vieilles dames qui surveillent l’arrivée de leurs invités de toute leur hauteur : plongée de la caméra ; au même moment entrée en force des protagonistes un à un, affolement de la caméra qui tente de suivre leurs mouvements et de
s’ en faire le témoin ; d’entrée de jeu cette séquence absolument virtuose contient en germe dans sa solidité formelle la réminiscence à venir et toute paradoxale de la scène,- la fameuse scène , point d’ acmé du film - dans laquelle Gretta tendra tout son être vers la mélodie entendue, elle même raptée, volée, absente à la présence amoureuse du mari…
folle réminiscence d’un instant qui la traverse toute :

« Le ravissement de Greta Conroy » *

Pour que ce point d’intensité recouvre toute sa portée plus tard (encore elle), il fallait le positionner d’entrée, l’ épingler presque sur le pas de la porte ; c’ est chose faite, car ce premier plan qui situe les deux sœurs en haut de l’ escalier, -organisation de l’ espace toute stratégique- , sera au moment de quitter la maison des sœurs Conroy précisément celui de Gretta,
identique en tout point, déjà vu et reconnu donc, familier,
d’ où nous pourrons à travers elle recueillir pour la deuxième fois la lointaine mélopée :
« the Lass of Aughrim ».

Là encore la boucle -pas si folle- se boucle …

 

3) les âmes
Le film a maintenant commencé depuis une dizaine de minutes environ…
vif sentiment d’ insularité…continent de pays perdu au bout du monde, au bout de la vie…
Gretta, pendant ce temps, danse une valse avec le ténor…
la neige continue de tomber à travers les fenêtres…
extérieur de studio irrévocable !

en boucle, tombe la neige…

 

*se souvenir aussi que le premier recueil de poèmes publié de Joyce s’intitulait :
« Musique de chambre »

*Marguerite Duras, « le ravissement de Lol V Stein » 6
à l’ intérieur de l’ appartement des sœurs Morkan,
la coulisse où chacun se refait un visage,
- surtout Freddy - le fils ivre -
avant « d’ attaquer » le fameux escalier…
le mouvement des plans qui s’ y succèdent est réglé comme un métronome :
en ouverture on gravit l’ escalier,
on le redescendra en toute logique en guise de conclusion à la soirée d’ Epiphanie…
entre ces deux moments opposés,
et comme sertis dans des vitrines présentoirs,

(… plan, image de cinéma et mise en abyme permanente de ces êtres fugitifs sacrifiés sur
l’ autel de l’ image, présence incarnante tout autant qu’ incarnée, pures enveloppes charnelles éternisées sous l’ œil avide de la caméra, vouées aussi au fantomatique devenir de leurs morts programmées, personnages avérés pour le film et aussi acteurs… pour le documentaire, réactualisant le mythe joycien de l’ artiste face à son devoir de transmutation et de transsubstantiation)

les convives auront mangé, dansé, bu et discouru, chanté, pissé aussi…
phalènes volatiles, ils se brûleront dans un court instant à la flamme de l’ Histoire,
entrevue par effraction chez les deux sœurs Morkan,
dans la présence toute menaçante et acide de miss Ivory, la républicaine indépendantiste,
la femme engagée sur une toute autre scène…

de même à l ‘ arrivée « du fils indigne », séquence tragi-comique, pendant laquelle Freddy Malins alcoolisé n’ aura de cesse de tenter de se construire un visage décent sous l’ œil réprobateur de la mère ; en quelques secondes de plans, Huston se débrouille pour nous brosser le portrait de cette mère ravageante, castratrice qui par ailleurs se révèle être une très charmante
grand- mère…racontant sur le canapé la banalité de sa vie,
« j’ ai ma chambrette au rez- de- chaussée, elle donne sur le jardin, et je n’ ai plus à monter
d’ escaliers »… !
et,
toujours en fond sonore, une valse, les danseurs tournent et tournent et retournent…

parfois le ton musical change et c’ est l’ arrivée d’ un quadrille dans la fête
aux sonorités frappées excessives…

(- une autre supposition …
ce sont peut-être alors les vagues réminiscences des westerns de la conquête de l’ ouest qui résonnent au loin, et envahissent l’ écran… ?

trésor de la Sierra Madre*,
cavaliers et cavalières s’ entremêlant encore,
sol mouvant du temps qui se représente là ,
passé - présent en quête d’ une lointaine origine ,
et toujours la mise en boucle d’ une réversibilité vertigineuse du temps à construire pour le spectateur.


« Le trésor de la Sierra Madre », film de John Huston de 1948 7

Car ils sont rentrés en scène, eux- aussi côté cour, côté jardin, par l’ escalier central…
les immigrants d’ Ellis Island*, ceux qui à tour de bras ,
depuis la vieille Europe viendront peupler l’ Amérique,
un par un, l’ un après l’ autre, chacun à sa manière, chacun selon son style…
oui je vais aller jusqu’ à cette butée excessive pour dire une fois encore
qu’ il n’ est question dans ce film que de plis…et de replis tournoyants,
de temps recomposé et désossé telle l’oie dans son plat,
plissure de l’ Histoire grand’ Hache,
le présent déborde du passé, le père accouche du fils,
et
qui ? pour me contredire lorsque je vois dans le quadrille dansé le retour d’ un genre de cinéma bien connu – celui du western en l’ occurrence -
convoquant cette fois une vaste coulée humaine en dérive,
celle de tout un peuple de migrants qui allait fabriquer l’ Amérique à bout de bras ?

autre vaste récit pour raconter Ulysse…
et réveiller la voix de l’ exil ;

(je vais boucler ma propre boucle lorsque j’ aurai émis ma dernière hypothèse…)
sans doute John Huston, lorsqu’ il inventa le plan magnifique de Gretta saisie de tout son être en haut de l’ escalier s’ est-il alors à ce moment précis souvenu
des photographies de Lewis Hine, point d’ interrogation
celles-là même réalisées à Ellis Island par le photographe…
une fois l’ escalier gravi,

…« quatre millions d’ immigrants sont venus d’ Irlande » nous dit Perec,

avec la lumière diffuse des carreaux pour fond de vitrail,
je pense particulièrement à ce magnifique portrait devenu icône :
« Jeune Juive Russe à Ellis Island, 1905 » ;

Silence.
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