Séminaire théorique


 

Sous les auspices du  département de psychanalyse de l’Université Paris VIII

SECTION CLINIQUE D’AIX-MARSEILLE

Directeur : Jacques-Alain MILLER
SESSION DE PSYCHANALYSE APPLIQUÉE  Treizième session - Année 2008

L’objet en psychanalyse

de l’objet perdu de Freud aux objets (a) de Lacan

 

Partons d’une distinction qui s’appuie sur une formulation de Lacan, en 1962-63, dans son Séminaire X, L’angoisse p. 248. Il y a l’objectivité qui concerne le monde construit par les sciences et l’objectalité. L’objectalité concerne la catégorie des objets que Lacan a particulièrement mis en avant et dont il a donné une écriture : l’objet a. Cette catégorie d’objets vient à la suite des objets freudiens, objets préœdipiens, auxquels il faut ajouter l’objet phobique et l’objet fétiche. Notre travail consistera à déjà distinguer ces objets des objets lacaniens. Ainsi les objets phobiques ou fétichistes répondent encore à une logique du signifiant en référence avec la castration dont l’agent est le langage. L’objet a se construit différemment. Il réveille du sommeil dogmatique dans lequel la logique signifiante nous emportait. Ce n’est pas tant l’objet visé par le désir que l’objet qui le conditionne mis en position de cause. Nous serons amenés à distinguer les objets de la demande de ceux du désir. Nous prendrons en compte la spécificité des cinq formes d’objets que Lacan distingue : oral, anal, phallique, regard et voix. Nous serons aussi conduits à spécifier le statut de cet objet. En effet si l’objet a prend différentes formes épisodiques, intermittentes, il désigne pourtant une même fonction : celle de représenter le sujet au lieu de l’Autre. Cette formulation n’est pourtant pas satisfaisante car elle laisse croire à un Autre qui serait déjà là. C’est à partir d’un renversement de perspective, celui d’un Autre qui n’existe pas, mais qu’il faut construire pour faire lien social, que Lacan sera conduit à proposer différentes écritures pour penser le réel à partir de cet objet a. Autant dire que la prise en compte de l’objet a est déterminante dans la conduite d’une cure. Elle permet de donner à l’orientation analytique les repères pour sortir des impasses du sens.  Interroger le statut de l’objet nécessite donc une réflexion critique sur son moment d’élaboration dans l’enseignement de Lacan. Trop souvent l’introduction d’un concept n’est pas rapportée à ces changements globaux de perspectives. Le sel du bougé de Lacan est passé sous silence. Posons cet enjeu : qu’implique de poser l’articulation éthique et clinique pour produire ce point bascule du pas-de-clinique-sans-éthique où se spécifie la praxis psychanalytique ?  Ce pas-de-clinique-sans-éthique implique l’ordre symbolique et la parole du sujet qui, en énonçant, fait acte – « […] l’acte (tout court) a lieu d’un dire, et dont il change le sujet ». Dire acte, c’est poser ce qui, nécessairement, de cet ordre choit, irréductible. Dire acte, c’est interroger ce qui, sous la pression du transfert, se constitue marqué du sceau d’une perte spécifique. S’en déduit la catégorie de l’objet qui se déduit de la chaîne signifiante et lui demeure inassimilable, comme son impossible. L’objet ainsi posé se situe au cœur même de la praxis. « L’objet a est ce qui prend consistance quand on parle au fur et à mesure que l’on néantise ».Articuler, dans la clinique, cette catégorie de l’impossible, – que la logique pointe comme ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire – J. Lacan, dans sa « Conférence à Sainte-Anne » (2 décembre 1971, inédite), notait que « l’objet a est, certes, un objet, mais pour autant seulement, que substitué à toute notion où l’objet est supposé par un sujet. S’il est, en particulier, produit du savoir, il est exclu qu’il soit soumis à la connaissance. Lorsqu’il s’y manifeste il n’est plus qu’un reflet déjà évanoui ». La question est moins de construire une clinique de l’objet a que d’interroger ce qu’implique une clinique travaillée par l’objet a. Autrement dit, « aucune praxis plus que l’analyse, comme le martèle Lacan en 1964, n’est orientée vers ce qui, au cœur de l’expérience, est le noyau du réel ». En 1976, lors de l’ouverture de la Section clinique, il y revient en donnant une définition rigoureuse de la clinique psychanalytique : « le réel comme l’impossible à supporter ». Les formes cliniques, agencées dans les structures cliniques, ne sont que des défenses contre ce réel – la forclusion en est une. L’objet a n’est pas pour autant le réel – il dépend de l’articulation signifiante, il est un semblant : « C’est pourquoi l’objet a en tant que semblant, a sa place entre le symbolique et le réel. »


 

De janvier à juin 2008– Vendredi après-midi à Marseille (CHU Timone) : 14h à 20h 30

 

Dates : 11 et 25 janvier, 8 et 29 février, 14 et 28 mars, 4 avril, 16 et 30 mai, 6 et 20 juin
les  Vendredis de 14h à 20h30 de Janvier à Juin 2008


 

Enseignement pris en charge par la formation permanente - 70 heures de formation
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