Séminaire théorique


Les médias ont largement diffusé ce qui serait une particularité française : un tiers d’entre eux aurait recours aux anxiolytiques. Notre consommation serait aussi trois fois plus forte que celle des Etats-Unis. Que nous arrivera t-il et comment formule-t- on ce à quoi la clinique du médicament prétendrait répondre ? Phobies, Troubles anxieux, troubles paniques, stress à quoi s’ajoutent, entre autres, peurs, frayeurs, insécurité , inquiétude, souci, dépressions, bref, une multiplicité de termes qui témoigne de la difficulté à identifier un affect. Sans doute, par comparaison, la psychanalyse, avec son seul concept d’angoisse, paraît pauvre d’un point de vue sémantique, avec l’usage de ce seul terme qui semble obsolète. Maintenir ce terme produit non seulement un gain sur le flou conceptuel mais permet de porter toute l’attention sur ce qui est véritablement en jeu dans cette expérience subjective de l’angoisse. Il nous lègue une thèse qui met en rapport l’angoisse avec la castration. C’est pourtant cette même thèse qui met Freud dans l’embarras pour penser la fin de l’analyse. La reprise, par Lacan, des apories freudiennes, donne comme repère fondateur à la psychanalyse le rapport de l’homme au langage. Mais à la différence des prêts à penser qui se sont constitués par la suite, l’affect d’angoisse objecte à la perspective du tout signifiant dans lequel on voudrait enfermer l’enseignement clinique de Lacan. C’est en reprenant son parcours sur l’angoisse que l’on réalise en quel sens l’orientation d’une clinique sur le réel, qui sort de l’impasse freudienne, prend ses plus sûres coordonnées par l’angoisse. On pourra ainsi prendre la mesure de la manière dont Lacan se dégage de l’habillage oedipien des problèmes pour produire, dans son dernier enseignement, une orientation clinique qui restitue à la jouissance une place fondamentale. Cette orientation nous paraît la meilleure réponse aux préoccupations des cliniciens d’aujourd’hui confrontés aux manifestations du malaise dans la civilisation. Notre tâche, dans ce séminaire, consistera à dégager les repères indispensables pour donner à l’angoisse sa place, dans une clinique différentielle, et les orientations de la cure qui s’en déduisent. Elle est ce qui ne trompe pas.

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