Séminaire théorique


Séminaire théorique
Comment aborder cette question de la STRUCTURE PSYCHOTIQUE ?

"N'est pas fou qui veut". Cette phrase de Lacan indique que la folie (comme la névrose ou la perversion) ne résulte pas d'une décision ou d'un vouloir quelconque conscient. La folie psychotique est une structure dont le sujet fou est l'effet. Affirmer la psychose comme structure, c'est insister sur la répartition structurale des positions subjectives comme autant de modalités de dire non à la castration. Le psychotique la forclot, le pervers la dément, le névrosé la refoule.
Le trésor clinique psychiatrique, repensé et réarticulé à partir de l'orientation psychanalytique, offre des balises robustes et éprouvées pour les psychoses psychiatrisées. La présence des phénomènes élémentaires, la tentative de guérison du délire, l'errance qui déconnecte le sujet de ses ancrages, la prédominance de l'imaginaire et des identifications massives, etc. sont autant de manifestations cliniques qui permettent de repérer classiquement une psychose. Mais la psychose est un concept plus large nullement épuisé par les formes cliniques des psychoses psychiatrisées. Il y a des sujets sans phénomènes élémentaires, sans délire, sans errance, etc. Au contraire, ils présentent parfois une surnormalité qui les rend particulièrement adaptés. Pourtant, ces sujets consultent. On les voit à l'hôpital parfois, dans les dispensaires également chez le clinicien en cabinet et chez le psychanalyste souvent. C'est ce que nous nommons, suite à l'apport de Jacques-Alain Miller, la psychose ordinaire. La psychiatrie les ignore pour ne jamais (ou presque) les rencontrer ou les épingle sous des syntagmes étonnants : obsession dépressive, hystérie mélancoliforme, cas limites, etc. Le diagnostic a perdu de sa pertinence.

Justement, cette session se propose de retrouver la pertinence du diagnostic de structure (irréductible au recensement des seuls symptômes observables). Mais un diagnostic pour quoi faire ? Justement pour déterminer un choix de traitement. Que devient pour la psychanalyse la cure avec un psychotique ? Quid de la durée d'une séance, de l'interprétation, du maniement du transfert, des affects débridés (ainsi les formes érotomaniaques du transfert) qui peuvent apparaître, etc. ?

Comment conduire le travail clinique ? Faut-il se contenter de la phrase de Lacan (trop) souvent répétée : être le secrétaire de l'aliéné ?
En quoi et comment un travail de stabilisation peut advenir ? Qu'entendre par suppléance à la forclusion ? Faut-il refuser les prises de psychotropes ? Une prise en charge à plusieurs est-elle possible ? Comment manœuvrer avec les hospitalisations parfois nécessaires ? Comment répondre aux demandes et questions insistantes de l'entourage familial?

Voilà quelques questions concrètes de psychanalyse appliquée à la thérapeutique. Pour commencer à y répondre, un affinage des concepts s'impose. La référence à la psychose ordinaire permet, c'est l'axe de réflexion de ce séminaire théorique, de repenser toute la logique des psychoses psychiatrisées. La question, par exemple, de l'autisme et des psychoses dites infantiles retrouvera son enjeu dans un tel contexte.

 
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