Bibliographie SC 2007


SECTION CLINIQE D’AIX-MARSEILLE
Institut du champ freudien
XII Session :
  Le père dans la clinique : « …s’en passer à condition de s’en servir »
J. Lacan, 1976
 
 
Bibliographie INDICATIVE Section clinique 2007
 
 
Brousse M-H, « Un néologisme d’actualité : la parentalité », La Cause freudienne n° 60, Paris, 2004
 
Brousse M-H, « Fragmentation du père et ultra modernité », Quarto n° 86, p. 32 sq. 2006
Lier la disparition du père au développement de la ségrégation, comme le fait Lacan, implique une logique de la fragmentation contre une logique de l’unification. Dans cet abord politique de la question du Nom du père en terme d’ultra modernité la référence au cours de J A Miller et d’E. Laurent « L’Autre qui n’existe pas et ses comités d’éthique » est un moment d’invention à partir de l’enseignement de Lacan. Quelques points d’orientation :
          - La clinique structuraliste ne permet pas de prendre en compte tout le réel du symptôme. Il faut l’articuler à une logique du « Pas tout »..Opposition entre hystorisation, ce qui montre une orientation du discours, et prévision.
- L’articulation clinique, science et politique nous amène à considérer la                 nouvelle alliance entre inconscient et son fondement totalitaire et l’émergence d’une vérité scientifique, réductrice de la vérité.
- Cela amène dans la clinique à plutôt qu’en rester à une barrière structuraliste névrose psychose, mettre en évidence la topologie qui permet d’ordonner la phénoménologie infinie des symptômes.
- La conséquence serait dans une clinique à venir une clinique des modes de jouissance, des objets non substantialisés.Donc il y complémentarité entre d’un côté une clinique du pas tout et de l’autre une clinique de l’objet qui n’est pas corrélé à l’échange par le signifiant maître.
 
 
Castanet H., "Angélus Silésius - Un mystique du côté phallique", La Cause freudienne, N. 54, juin 2003. Texte repris dans Entre mot et image, éditions Cécile Défaut, 2006.
Le discours mystique est une pratique, consignée dans un texte, de la jouissance supplémentaire du « Pas tout ». Cette logique là ne recouvre pas toute la mystique car il y a une mystique prise dans la jouissance phallique.
Lacan, dans sa référence aux écrits d’Angélus Silésius indique une jouissance perverse, celle là où dans le fantasme l’objet se trouve à une place déterminée. Dans ce cas là c’est celle de l’objet regard...Le sujet pervers veut complémenter l’Autre. Le témoignage de ce mystique éclaire cette position.
Pour Lacan le sujet pervers veut produire la jouissance de l’Autre et pour ce faire il se fait l’objet a pour le restituer à l’Autre qui en a été décomplété par l’opération signifiante. L’objet a localise la jouissance qui, par définition, est nulle part. Il peut ainsi restituer la jouissance au corps. L’erreur du pervers c’est de croire que l’Autre est incomplet alors qu’il est inconsistant.
C’est par le regard que Angélus Silésius fait l’épreuve de ce lien à Dieu. Mais à l’approche de Dieu celui qui voulait voir se retrouve regard, soit objet a.
Il y a renversement. Contemplation et béatitude se nouent alors. A. Silésius confond son œil contemplatif avec l’œil de Dieu, le regard.Là où tache et regard sont noués dans le champ de la vision, comme le voyeur il veut restituer à l’Autre le regard comme plus de jouir pour restituer la jouissance au corps au-delà de la castration.
 
- « Conversations sur Dieu » M. Philonenko, M. Mauas, S. Trigano, D. Lindenberg, J-A. Miller, La Cause freudienne n° 56, Paris, 2004
 
Brown P. Le renoncement à la chair. Virginité, célibat et continence dans le christianisme primitif. NRF, 2002
 
- Clinique différentielle des psychoses « Les fonctions du père dans la névrose et la psychose ». P. 284 sq., Bibliothèque des Analytica, Navarin ? 1988
 
Dictionnaire critique de théologie PUF- Quadrige, 1998
 
Sigmund FREUD
 
Freud S,  L’Avenir d’une illusion, Paris, PUF, 1989
Après nous avoir expliqué quels moyens se donne une civilisation pour perdurer notamment en édictant des interdits pour faire barrage à la pulsion de mort présente chez chaque homme, Freud présente l’invention de la religion comme un moyen supplémentaire de faire accepter les interdits et de faire accepter la surpuissance de la nature qui se manifeste par les tremblements de terre, la mort…Il nous démontre en quoi la religion est une illusion : »la force des dogmes religieux est que ce sont des illusions c'est-à-dire l’accomplissement des souhaits les plus anciens ». Il prédit dans la dernière partie de son ouvrage le déclin de la religion qui a déjà commencé selon lui en 1927, et il espère que la science, qui n’est pas une illusion, va apporter des progrès à l’humanité.
 
Freud S., "Le roman familial du névrosé", Névrose, psychose et perversion, PUF
 
Freud S,  L’homme Moïse et la religion monothéiste, Paris, Gallimard, 1986
 
Freud S,  Totem et Tabou, Parsi, Payot, 1990
 
 
Hegel, GW, L’esprit du christianisme et son destin, Vrin, 1971
 
Histoire des pères et de la paternité sous la direction de Jean Delumeau et Daniel Roche, Hurstel F. et G. Delaisi de Parseval « Le pardessus du soupçon », KniebielherY. « Les pères ont aussi une histoire », Mulliez J. « La désignation du père », Larousse, 2000
Ce volume, permet de replacer la crise de la paternité dans une longue temporalité. Il s’agit d’une recherche pluridisciplinaire autour de la question énigmatique  Qu’est-ce qu’un père ? À travers la série de métamorphoses historiques, linguistiques, juridiques...C’est à partir des usages que peut se définir la signification du père comme fiction régulatrice et instrument de transmission. Sont examinés les multiples usages du nom de père, en France au cours des cinq derniers siècles. La paternité s’y révèle liée aux rapports particuliers qu’entretiennent les sujets des deux sexes et de la signification qu’ils prennent pour chacun, là où la psychanalyse situe le non rapport sexuel.
 
Jousse M.  Anthropologie du geste (3 volumes), Paris, Gallimard, 1974
 
 
Jacques LACAN
Lacan J, « D'une question préliminaire à tout traitement des psychoses », Ecrits p. 557-559 et p. 577-583 (Sur la métaphore paternelle et "Un père")
Lacan J, « Subversion du sujet et dialectique du désir », Ecrits, Paris, Le Seuil, p. 819-827
Lacan J. Des Noms-du-Père, 1963)  Paris, Le Seuil, 2005
 
Lacan J. « la signification du phallus », Ecrits, p. 685,Paris, Le Seuil, 2005
 
Lacan J.: "Le mythe individuel du névrosé", in Ornicar,  N° 17 et 18
 
Lacan J. Le séminaire, Livre XVII, L’envers de la psychanalyse, (1969-1970) chapitres VII, VIII, IX, et plus précisément les pages 138-144 et 129-135, Le Seuil, Paris, p 117-163
 
Lacan J. Le triomphe de la religion (1974) (précédé de Discours aux Catholiques, (1960) Seuil, 2005
  « Discours aux catholiques »:
Deux conférences : 
Dans la première il soutient le titre qu’il lui a donné, « Freud, concernant la morale fait le poids correctement », en montrant que celui ci aborde de meilleure façon que la tradition philosophique la question de comment « se conduire correctement vis à vis de cet extrême de l’intime, qui est en même temps internité exclue  » ? Cette conférence est contemporaine du séminaire « L’éthique » L’appui de Freud sur la fonction, le rôle et la figure du Nom du Père est une reprise de la tradition judéo-chrétienne. Sa position n’est ni humaniste, ni progressive. Sa position sur le souverain bien est qu’il ne peut être représenté, qu’il n’existe pas, que ce n’est pas le plaisir. La culpabilité par le crime fondamental est aux racines de l’inconscient. La vérité que désigne Freud est ce nouage entre le désir et sa règle et pour lui l’homme est marqué par le manque à être plus que par un accord avec la nature.
 
Il répond à la question titre de la deuxième conférence « La psychanalyse est-elle constituante pour une éthique qui serait celle que notre temps nécessite ? » en montrant que la question qui est au cœur de l’expérience freudienne est celle de la Chose. La Chose est ce qui dans le vivant « vient habiter le discours et qui se profère en parole, marque la place où il pâtit de ce que le langage se manifeste dans le monde ». C’est par les lois de la parole que nous pouvons retrouver le chemin de la Chose.
 
« Le triomphe de la religion » est une conférence de presse de 1974
 
L’analyse s’occupe de ce qui ne marche pas c’est à dire du réel. La religion triomphera car, du fait de l’extension de la science, le réel va s’étendre et la religion donnera du sens aux bouleversements que la science apportera. La religion est faite pour guérir les hommes, pour qu’ils ne voient pas ce qui ne va pas. La psychanalyse ne durera qu’au titre de symptôme. Quand le verbe s’incarne, ça commence à aller mal au niveau des vivants. « L’être parlant est un animal malade ».
Nous ne viendrons jamais à bout du réel, pas plus de celui du sexe que de celui de la science. Le réel n’est pas un tout
 
 
Laurent E. « Le Nom-du-Père entre réalismeet nominalisme », La Cause freudienne,  n° 60, Paris, 2005
Après avoir dégagé la fonction de symptôme que remplit le père freudien, E. Laurent examine le nouveau statut du père en réponse au besoin inéliminable de « fictions régulatrices ». Deux tendances actuelles tentent, en vain, d’y répondre : le nominalisme (judiciarisation par exemple) et le réalisme qui cherche le fondement de la famille dans la « mère nature ». La thèse centrale est qu’on ne peut se ranger pleinement sous le NdP car la fonction même y objecte : il y a de l’impossible en jeu. Le NdP serait la forme logique qui traverse les modalités d’impuissance singulières d’être à la hauteur de la fonction.
 
 
 
Laurent E, "Institution du fantasme et fantasme de l'institution", Feuillet du Courtil
 
 
 
Le Brun J. Le pur amour de Platon à Lacan. Seuil, 2002
 
 Jacques-Alain MILLER
 
 
Miller J-A, La Conversation d'Arcachon, p.174-176 (l'appareil du symptôme qui reprend la métaphore paternelle) et p 275-282.
Miller J-A. « Petite introduction à l’au-delà de l’Oedipe», La Cause freudienne n° 21, Paris, 1992
 
Miller J-A. « Le dernier enseignement de Lacan », II, Sans Nom-du-Père, La Cause freudienne n° 51, Paris, 2002
 
Miller J-A. « Religion, psychanalyse » I, La Cause freudienne n° 55, Paris, 2003
 
 Miller J-A, Los padres dans la direction de la cure, Quarto n°63, 1997, p 4-15
 
Miller J-A. « Psychanalyse et société », Quarto n° 85, p. 6 sq. , 2005
 
Jacques Alain-Miller reprend l’histoire de « l’Autre qui n’existe pas » en parallèle avec celle de Dieu, dans différents domaines : philosophique, économique et psychanalytique. Les choses ont changé avec l’émergence du discours de la science qui a eu un effet illimitant. A partir de là, le bien et le but de la vie humaine ne sont plus prescrits par l’Autre Divin. « Dés le moment où le discours de la science a pris forme, il y a eu un effet de l’Autre qui n’existe pas, l’Autre a cessé d’exister ». Cela a eu des effets sur le rapport entre la production et la vérité. Le sacrifice à Dieu de la production, l’objet a, pouvait permettre d’accéder à la vérité. Ensuite, avec l’accumulation de capital, l’objet a, la production a commencé d’être compté, comptabilisé, totalisé. Cette émergence dans l’histoire de la fonction du capital a coupé la cession à Dieu de l’objet a. La plus-value s’est adjointe à la valeur capital. La production s’est mise à remplacer la vérité. Lacan a renoncé au culte de la vérité dans la psychanalyse car il s’est aperçu qu’à ordonner la psychanalyse à la vérité, le retour de dieu était inexorable. Il a inscrit la jouissance à la place de la vérité. La psychanalyse n’a plus pour essence l’amour de la vérité mais le « faire avec la jouissance ».
 
Miller J-A. « Religion, psychanalyse » (I), Quarto n° 86, p. 6 sq. , 2006
 
J-A Miller retrace le parcours de Lacan depuis »son retour à Freud » sur la religion et pose que la psychanalyse peut être analysée. Selon Freud, la psychanalyse était fondée sur le renoncement à la satisfaction pulsionnelle. Dans notre société actuelle, ce n’est plus l’interdit qui est aux commandes mais le principe de plaisir. Ce n’est plus l’interdit qui constitue l’objet du désir, c’est le plaisir conçu comme une règle. Pour Freud la religion c’est le père, pour Lacan, le père est un mythe. L’interdit du désir s’est trouvé réinterprété par Lacan comme l’impossible de la jouissance. L’interdit n’est qu’un imaginaire. Lacan avait prédit le retour de la religion, en 1974, car elle permet de donner du sens au réel.
 
 
Rabanel J.R. « le père de l'hystérique et de l'obsessionnel ». Hystérie et obsession. Les structures cliniques de la névrose et la direction de la cure. Recueil des rapports de la Quatrième Rencontre internationale. 1986 p.105 sq., Navarin
 
Scilicet du Nom du Père, CD Ecole de la Cause freudienne
 
Skriabine P. « La clinique différentielle du symptôme », Quarto n° 86, p.58-63,  2006
Dans une première partie, l’auteur montre que la dissociation foncière des trois ronds réel, Symbolique, Imaginaire, pour tout sujet, équivaut à la forclusion structurale du Nom du père. Il s’en déduit différentes façons de rater le nouage et, par conséquent, d’y faire suppléance. Les structures cliniques s’ordonnent autour de cette nécessité. Il y a donc des Noms du père. L’écriture est le Nom-du-Père dont Joyce se soutient. L’angoisse, comme nomination du réel, en est un autre exemple. Soulignons ici une intéressante relecture du cas  Dick  -présenté par M. Klein et déjà commenté par Lacan- à la lumière de la clinique des nœud
 
Vocabulaire de théologie biblique, Cerf, 1970 (articles de Marc-François Lacan)
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