J. RUFF: Du pessimisme au manque d'espoir


Le texte de Freud “Analyse finie, analyse infinie” jette un regard rétrospectif, sur la théorie et la pratique en 1937. On en a déduit un pessimisme de Freud. Lacan en I977 parle de son “manque d’espoir”. Qu’est ce qui insiste, au point de croire à une répétition, et de nous masquer le fait que le manque d’espoir n’est pas le désespoir.

Le pessimisme de Freud
Freud est en effet réservé sur les résultats thérapeutiques de la psychanalyse : “L’analyse avec sa prétention de guérir des névroses en assurant la domination sur les pulsions a toujours raison en théorie, mais pas toujours en pratique”(1). Il y a toujours un “insuccès partiel”(2) car il y a presque toujours un reste,” une “manifestation résiduelle”. (3). On pourrait donc dire que, si on reconnaît dans le roc de la castration ce qu’on appelle peut être un peu vite le pessimisme freudien, c’est dans l’élaboration logique de cette “manifestation résiduelle” que résiderait l’espoir d’un dépassement du pessimisme freudien. J.A.Miller voit dans ce chapitre III, et dans ce terme de “manifestation résiduelle”, la vrai source d’inspiration de l’objet a lacanien.(4)

Le pessimisme de Lacan ?
Il est alors convenu de dire, entre nous, que, puisque Lacan va au delà du moment final du texte freudien de 1937, pour avoir produit l’élaboration de l’objet a, en prenant au sérieux la manifestation résiduelle, Lacan serait sorti de l’impasse liée au roc de la castration. et nous aurait donné à nouveau des raisons d’espérer. Pourquoi alors Lacan, 40 ans plus tard, alors qu’il a largement progressé dans cette élaboration logique de l’objet a, quand lui aussi en est au moment de conclure sur une vie occupée par la théorique et pratique de la psychanalyse, pourquoi manque il d’espoir comme on le verra dans les trois textes du début de 77.(5) Qu’est ce qui peut donc bien conduire si inexorablement Freud et Lacan à un constat apparemment redoublé?
Les raisons ne portent pas sur le même point conclusif: d’une part, d’un point de vue théorique, l’attention s’est déplacée, comme prévu, de la fin considérée à partir du phallus à la fin à partir de l’objet a, mais d’autre part c’est surtout un déplacement de l’attention sur le désir de l’analyste et donc sur la pratique qui se déduit des avancées théoriques. Comme si ce qu’on avait gagné en rigueur et avancée théorique rendait la pratique freudienne désormais plus problématique que jamais. En somme à l’optimisme théorique fait place un pessimisme pratique qui ne porte plus tellement sur l’opposition psychothérapie psychanalyse mais qui s’installe au coeur de la psychanalyse elle même.
Je vais donc très brièvement reprendre ces points (6)

Retour sur la question du phallus
Il faut revenir sur les textes de Lacan de 58-59 qui élaborent la signification du phallus. Cette question théorique est d’un enjeu important non seulement dans la cure mais aussi dans les scissions qui parcourent le mouvement analytique. Il faut relire tout spécialement: “A la mémoire d’Ernest Jones: Sur la théorie du symbolique “(Janvier-mars 59). Cet article vient à la suite de cette période féconde des années 58: “Question préliminaire” (décembre janvier 58), “Jeunesse de Gide” (avril 58), “la Signification du phallus” (mai 58), la “Direction de la cure” (Juillet 58), et “Remarque sur le rapport de Daniel Lagache “(juillet 58). Dans cet article, il donne une orientation à la psychanalyse pour la sortir de l’imaginaire dans lequel même un E.Jones reste empêtré au point de ne pas pouvoir contenir les ravalements de la pratique qui sévissent dans l’I.P.A. Lacan remarque qu’en soutenant M. Klein contre A. Freud, Jones percevait quand même les dangers de la situation. Il faut ajouter à ce texte son indispensable complément: “Un syllabaire après coup”. Ce titre nous indique bien l’importance des lectures des post freudiens pour Lacan. Un syllabaire est un livre où les enfants apprennent à lire Qu’a-t-il lu ? La conclusion tient en quelques phrases. Il part du symbole du serpent. Ce symbole n’est ni le symbole de la libido comme pour Jung, ni le symbole du pénis comme pour Jones mais le signifiant du manque à être (7), le signifiant de la perte que le sujet subit du morcellement signifiant. (8) C’est le symbole qui vient à la place du manque constitué par le manque à sa place (9) symbole de la place où il manque (10)
Il y a donc dans la découverte psychanalytique, comme instant de voir, un temps de comprendre qui risquait d’aller vers l’herméneutique et le symbolisme éternel. Lacan par une logique du signifiant donne une fondation qui rejoint les routes de la science
Mais, dans ce temps de travail de Lacan, il faut avoir à l’esprit que nous en sommes encore qu’à la fondation de la castration dans la logique du signifiant. La conséquence en est bien la mise en place d’une clinique du manque pensée à partir du signifiant du désir de l’Autre, du phallus comme signifiant du désir. C’est une clinique qui s’articule sur la demande et le désir et où le désir est toujours le signifié de la demande. Cette clinique du manque accentue le défaut de jouissance repérable dans les défauts d’identification liés à l’imaginaire. L’hystérie serait un défaut d’identification narcissique, un miroir inaccompli. La direction de la cure porte sur le refoulement du phallus (11). Mais, d’une part si on a renoncé à la reconnaissance du désir sur l’axe imaginaire, on aboutit d’autre part, sur l’axe symbolique, à affirmer, comme à la fin de la Direction de la cure, que le désir est “incompatible avec la parole “ (12). Mais alors se pose la question de savoir ce qu’est une cure par la parole dés lors que le désir n’est pas articulable dans la parole? Le phallus n’est donc pas le fin mot de l’analyse. Il ne l’est que négativement. Le sujet doit donc découvrir d’une part qu’il ne l’est pas, donc une déphallicisation comme fin allusive, et d’autre part qu’il doit se réconcilier avec le phallus dans une assomption de la castration. Le désir serait rendu ainsi à sa métonymie, à sa vérité comme allusion libérée des limitations du fantasme .
Cette période de fécondité pour Lacan est aussi une période d’optimisme. Pourquoi? Parce comme il le dit en 77, il trouve à remettre sur pied ce qui chez Freud reste boiteux si on ne le reprend pas avec la logique du signifiant. Le retour à Freud c’est çà. Il pourra même dire en 77 que “l’inconscient est de Lacan mais le champ est de Freud”. En somme ce n’est pas encore la manifestation résiduelle qui le travaille puisqu’il lui faut assurer au préalable une logique de la castration.
C’est dans un deuxième temps, qui n’est pas une séparation mais une continuation logique du même projet, que s’opère le passage d’une clinique du manque et du désir de l’Autre à une clinique du plus, du positif, de la Jouissance de l’Autre.

Une clinique du plus, du positif, de la Jouissance de l’Autre
On passe en effet d’un inconscient qui pense à un inconscient qui travaille à énumérer la jouissance. Ce changement se voit dans l’approche de ce qui est une référence fréquente chez Lacan : la sépulture (Radiophonie 1970 ) ou encore dans les métaphores météorologiques pour parler du signifiant comme dans Lituraterre (1971) Ce n’est plus le négatif qui est au centre mais l’impossible à négativer. Il faudrait là aussi, pour apprécier ce travail de Lacan, reprendre le passage du phallus symbolique à l’objet a. En somme le père, le phallus, l’objet a sont autant de tentative pour nommer la jouissance: ce sont des noms de la jouisssance. Le père en est l’adresse, pour se plaindre, parce qu’il l’aurait confisqué. La pulsion, par contre, serait un nom de la jouissance qui ignorerait le père. Le problème étant toujours de donner des lettres à différentes opérations afin cerner le mathème du réel dans l’expérience analytique. En fait en avançant une réflexion sur le semblant on constate que cette approche de la jouissance et du réel fait encore plus problème .Comme le démontre J.A.Miller, l’objet a nous met encore en relation avec la castration, avec -et fait de cet a un semblant., un complément d’être du manque à être. Pourtant, il répond déjà à ce qui faisait difficulté précédemment quand on disait que le désir n’est pas articulable dans la parole. Cet objet a est articulé dans le langage, comme dans les 4 discours et il permet de situer cette manifestation résiduelle en place d’agent dans le discours analytique.
La fin de la cure n’est donc plus assomption de la castration. La castration n’est en effet plus en avant et le but n’est pas d’y accéder. La castration est inaugurale, la déperdition de jouissance est d’emblée. C’est là qu’on comprend rétrospectivement pourquoi il y avait paradoxalement un certain optimisme lié à la castration comme assomption. Elle garantissait en fait un moi fort qui pouvait se repérer dans le refus de sacrifier sa différence subjective.(13) Et cette équivalence, castration et moi fort, permet de comprendre du coup la logique qui fait donner à Freud de l’importance au texte de sa fille, dans ce texte de 1937, sur le moi et les mécanismes de défenses.
En fait on voit que cette deuxième période accentue plutôt le solde de jouissance perverse(14).

La prise en compte de cette manifestation résiduelle, de la pulsion, met l’accent d’une part sur le désir du psychanalyste dans sa pratique, ce que Ferenczi illustrera avec la douleur que l’on sait, et consécutivement elle interroge, côté psychanalysant, ce qui le fait rester en analyse, c’est à dire ce qu’est cette manifestation résiduelle la plus résistante, même après la cessation de bien des symptômes, cette manifestation résiduelle qu’on ne laisse pas si facilement derrière soi, c’est à dire l’analyste (15) Et là on retrouve à nouveau Ferenczi qui n’a pas pu conclure dans sa cure avec Freud puisque Freud reste sa manifestation résiduelle la plus perturbante et particulièrement à la fin de sa vie. De même Rank, qui est le premier est à être nommé dans ce texte de 37, repère en fait parfaitement bien ce point puisqu’il propose, d’une manière caricaturale, et peut être presque phobique, qu’il faut commencer tout de suite une analyse par ce point, travailler la séparation avec l’analyste dés le début, en court circuitant même le transfert.

Nous pouvons maintenant entrer tout naturellement dans la lecture de ces premiers textes de 77 qui mettent en relief la question de la pratique, c’est à dire à nouveau la dimension éthique.

Du pessimisme au manque d’espoir

J’ai regroupé ces textes autour de trois rubriques: psychothérapie et psychanalyse, la pratique du réel, et l’avenir de la psychanalyse.

1° psychothérapie et psychanalyse “:la psychothérapie ramène au pire ....Ce n’est pas la peine de thérapier le psychique .Freud aussi pensait çà .Il pensait qu’il ne fallait pas se presser de guérir”.(16) Je ne commente pas ce point auquel il a été consacré un colloque.
2° la pratique du réel “La pratique psychanalytique participe comme toutes les autres activités humaines de l’abus. On fait comme si on savait quelque chose” .c’est “une pratique délirante, mais c’est ce qu’on a fait de mieux actuellement pour faire prendre patience à cette situation incommode d’être homme” (17) Cette façon de dire évoque ce que Churchill disait de la démocratie: le plus mauvais régime mais il n’y en a pas de meilleur. Par cette section clinique il voulait qu’on interroge, non seulement l’analyse et sa théorie, mais les analystes et ce “que leur pratique a de hasardeux qui justifie Freud d’avoir existé “(18).On voit bien que ce n’est pas, ou plus tellement, la théorie qui pose problème, mais plutôt la pratique qui s’en déduit.
Un mois plus tard à Bruxelles ,le 26 Février 77 Lacan, dans une conférence sur l’hystérie(19), parle de loufoquerie analytique et à nouveau s’en prend à la pratique en ces termes: la psychanalyse est une “escroquerie puisque le réel est à l’opposé extrême de notre pratique. Notre pratique ne tient pas compte de ce réel comme impliquant l’évacuation complète du sens et donc de nous comme interprétant. Escroquerie parce que nous bluffons, faisons ciller les gens, éblouissons avec des mots qui sont du chiqué”, du beau, du semblant, du “bla bla”. S’il poursuit cette notion de structure c’est, dit il, pour échapper à l’escroquerie et dans l’espoir d’atteindre le réel.
Il taxe d’escroquerie l’orientation de la psychanalyse qui ne tiendrait pas compte du réel dans sa pratique et dans sa théorie. D’où cette phrase de Lacan “Je ne suis pas fière d’avoir été aspiré dans cette pratique de Freud que j’ai continué, que j’ai poursuivi comme çà comme j’ai pu ,dont il n’est pas sûr que je la soutienne jusqu’à crevaison ”(20) En fait il dit avoir mis un pavé dans le champ de Freud. Néanmoins il ajoute que “Cette pratique est intenable et c’est pour çà que j’en suis malade”.(accent Ferenczien) Il force même la charge: ” Freud éduquait un certain nombre d’escroc”. En fait Lacan ne fait que retrouver la phrase de Freud qui avait tant révolté Ferenczi et que celui ci rapporte dans son Journal clinique(21): “Le névrosé est de la racaille juste bon à nous entretenir financièrement et à nous permettre de nous instruire à partir de leur cas.”
A la suite de ces remarques sur l’escroquerie, il apporte une indication sur la place de l’analyste qu’il déduit de sa théorie des noeuds. Il ne faut pas en effet s’orienter avec le binaire du vrai et du faux ou, comme on pourrait le déduire de ces remarques précédentes, sur le binaire d’un côté l’escroquerie et de l’autre le vrai. Les noeuds conduisent à la considération d’un point triple. Et Lacan souligne le point neutre distinct de ces polarisations binaires. D’où il se conclut que la neutralité de l’analyste n’est plus la neutralité bienveillante du dialecticien des années hégélienne (22) mais cette neutralité de la vascillation entre un ni l’un ni l’autre qui fait à nouveau référence au non agir(23) du taoïsme. Cette neutralité serait capable de subvertir le sens et permettre d’être “aspirée non vers le réel mais par le réel“. Le 8 mars 77(24) à nouveau :“Le réel est impropre à être réalisé, il comporte l’exclusion de tout sens “ et “déboucher sur l’idée qu’il n’y a de réel que ce qui exclut toute espèce de sens est exactement le contraire de notre pratique, car notre pratique nage dans l’idée que non seulement les noms mais simplement les mots ont une portée “ (25) Enfin cette dernière remarque, peut être la plus conclusive: “commencer à savoir pour ne pas y arriver va somme toute assez bien avec mon manque d’espoir”. Ce n’est plus le Lacan qui trouve c’est le Lacan qui cherche. Qu’est ce que ce manque d’espoir? Ce n’est pas le désespoir qui indiquerait que nous sommes encore pris dans le cadre du fantasme. Il faut avoir à l’esprit la manière dont il parle du fantasme à cette époque (26). “Le fantasme est une aspiration” et on vient de voir que c’est plutôt une aspiration vers qui indique bien cette dimension de l’espoir. Le fantasme organise donc bien nos attentes, nos attentes d’un progrès qui n’est que refus de la structure qui n’est pas progressiste. Au contraire la traversée du fantasme serait, non une aspiration vers mais par le réel, comme par qu’elle que chose qu’on ne comprend pas. Le manque d’espoir résulte d’une aspiration par le réel qui ramène plutôt au présent que dans l’avenir. L’espoir est toujours à mettre en rapport avec le possible et donc la crainte d’où pour Lacan: “Etre sans espoir c’est être aussi sans crainte.“(27) Je verrais donc bien dans le manque d’espoir une formule possible du désir de l’analyste qui viendrait s’ajouter à la neutralité précédente.
Mais on peut encore faire entendre d’une autre manière ce manque d’espoir. L’article d’Alain Badiou sur “La soustraction”(28) et, récemment, son livre remarquable sur l’Éthique(29), nous rappelle que la théorie du pas tout est incompatible avec une efficience absolue c’est à dire une théorie qui s’appliquerait d’une façon totalitaire. Ce serait une figure du mal. Si cette efficience était possible nous serions à nouveau dans un totalitarisme de la vérité. Il faut plutôt dire avec Lacan qu’elle est “quelque fois efficace” (30)
Nous pouvons donc logiquement aborder notre dernier point.
3° L’avenir de la psychanalyse.
“ Freud n’est pas un événement historique. Il a raté son coup tout comme moi; dans très peu de temps tout le monde s’en foutra de la psychanalyse .” Ce qui lui permet de déduire que “le sens religieux fera un boom dont nous n’avons aucune idée “(31) Pourquoi a-t-il raté son coup? Parce que, pour Lacan, il s’est démontré:“ que l’homme passe son temps à rêver et qu’il ne se réveille jamais.” On a là, à nouveau, une autre indication sur le désir du psychanalyste: réveiller. Ce thème est permanent chez Lacan. Le réveil est en effet du côté de la pulsion., du côté “le sujet est heureux “. C’est l’inverse du manque à être et du rêve comme manifestation d’un désir. C’est l’opposé de la plainte adressée à l’Autre puisque dans le réveil il n’y à personne à qui se plaindre. Cesser de se plaindre est en effet en rapport avec la chute du sujet supposé savoir ou de l’évanouissement du semblant du père. Le réveil suppose une nouvelle alliance du sujet avec la pulsion. et un renoncement au manque à être comme bien le plus cher. Si la psychanalyse n’est pas un événement c’est qu’elle n’est pas plus arrivée à réveiller les hommes que toutes les autres tentatives, celles que Lacan appelle dans Encore(32) ces “trucs qui ont durée un petit bout de temps”. Comment un analyste peut il produire un réveil à partir de sa place qui est “de faire vrai, de semblant”? (33). Comment un analyste peut il réveiller alors que c’est l’analysant qui produit l’analyste et que l’on sait le goût de l’analysant pour continuer à dormir? Lacan propose une piste pour une interprétation qui serait en rapport avec la théorie. Il fait référence à la poésie chinoise et au livre de F.Chang qui montre comment la poésie chinoise parvient à faire passer le vide de la structure. (Constatons une fois de plus cette référence au taoïsme) Mais le 17 mai 77 il dit n’être “pas poâte assez “, et qu’en fait il “n’arrive pas que sa technique tienne .“

L’histoire de la cure semble donc l’histoire d’un désenchantement redoublé. La méticuleuse élaboration de la structure qui est en jeu dans toute psychanalyse, se heurte à une problème pratique qui met l’accent non plus sur les formations de l’inconscient mais sur le désir de l’analyste. C’est là que l’on rejoint les interrogations et les impasses de Ferenczi et de Rank. Tout deux sont pris dans un rêve de psychanalyse et ne se réveillent pas. Rank fait le court circuit du transfert pour avoir entr’aperçu une escroquerie dans un bref réveil. Mais son instant de voir se précipite dans une conclusion qui signe sa haine pour la psychanalyse. Ferenczi se veut “l’infirmier du manque à être” dans l’espoir d’une psychanalyse sans reste et préfère donc lui aussi continuer à dormir.

Pour conclure je dirais qu’il faut peut être mettre en rapport, ce qu’on appelle donc un peu vite, le pessimisme de la psychanalyse avec l’antiprogressisme de la psychanalyse, qui à la différence de la philosophie des lumières et du marxisme, ne croit pas à l’homme nouveau. Comme on vient de rappeler cet antigrogressisme est à mettre en rapport avec la structure qui subvertit le concept d’espoir caractéristique du sujet comme manque à être .
J.Ruff

Notes
1 Analyse finie et infinie p.245
2 idem
3 idem p.243
4 Lettre de l’E.C.F. n°119
5 Ornicar n°9 Ouverture de la section clinique; Quarto n°2 Conférence sur l’hystérie; Ornicar 16 Nomina non sunt consequentia rerum.
6 Voir pour ce qui suit le cours de J.A.Miller “La nature des semblants” 1990-91
7 Ecrits 710
8 Ecrits 715
9 Ecrits 722
10 idem
11 Ecrits 693 sq
12 Ecrits 641
13 Ecrits 826
14 Ornicar 29
15 Lettre ECF n° 119
16 Ornicar n°9
17 id
18 id
19 Quarto n°2
20 id
21 Ferenczi Journal clinique p.256
22 Ecrits 226
23 Ecrits 314
24 Ornicar n°16
25 Lettre 118 J.Ruff
26 Ornicar n°19
27 Scilicet n°1 p.49
28 Revue de l’ECF n°19
29 Badiou Éthique Essai sur la conscience du mal Hatier 1993
30 Ornicar 17/18
31 18 mars 1980 Annuaire 1982 de l’ECF
32 Séminaire XX p.104
33 10 mai 1977 Ornicar 17/18

En haut En bas